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Friday 23 August 2019
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Semaine 9 : Nucléaire: Cela disjoncte à EDF et…Ségolène Royal ne voit plus clair !

François Hollande, en ce début mars, affirme dans un communiqué commun avec David Cameron au sujet de la construction de deux réacteurs EPR à Hinkley Point: « EDF prépare les éléments pour une décision finale dans un avenir proche, avec l’entier soutien du gouvernement français« . Las ! Quelques jours plus tard, coup de tonnerre: le directeur financier d’EDF démissionnait. Car trop c’est trop : déjà 37 milliards de dettes, 100 milliards de travaux selon la Cour des Comptes pour remettre les centrales en état d’ici 2030, et il faudrait ajouter 66% des quelques 26 milliards d’euros du projet britannique où EDF s’est aventuré ? Impossible! Sans compter le coût du démantèlement de 17 à 20 réacteurs nucléaires d’ici 2025… si l’on appliquait la loi sur la transition énergétique votée en juillet 2015. Or le rapport annuel de la Cour des Comptes paru en février note faussement naïvement qu’il n’y a eu aucun, absolument aucun, chiffrage financier de ce démantèlement – comme si cela avait jamais été dans les intentions du gouvernement. Et le président de la Cour des Comptes d’admonester le gouvernement : « Il faut chiffrer, maintenant« . En guise de réponse, la ministre de l’Environnement, Ségolène Royal, a annoncé fin février vouloir prolonger de 10 ans la durée de vie des centrales nucléaires… en contradiction totale donc avec le texte de la loi votée! Et le gouvernement reporte une nouvelle fois la présentation d’un document clef pour la mise en œuvre de la loi de transition énergétique. Et jette le doute sur la faisabilité de la mise en œuvre de sa propre loi!
Fermera-t-y, fermera-t-y pas ? La devinette aura duré tout le mandat de François Hollande et tourne à la ritournelle : 9 mois après le vote de la loi de transition énergétique, le gouvernement n’a toujours pas choisi quels réacteurs nucléaires seront mis hors service – ni à quel rythme ils le seront – pour atteindre l’objectif de 50 % d’atome dans la production d’électricité en 2025. La présentation de la programmation pluriannuelle énergétique (PPE) qui devait fixer la trajectoire de ces fermetures, prévue le 8 mars, a été reportée car « la finalisation complexe des hypothèses et scénarios prend plus de temps que prévu », a expliqué la directrice générale de l’énergie et du climat.
Rappelons que la PPE devait initialement être adoptée avant la COP21 !feuille de route
Elle doit couvrir deux périodes : de 2016 à 2018, puis de 2019 à 2023. Elle doit aussi décider de l’application des autres thèmes de la loi : baisse de 20 % de la consommation d’énergie en 2030, et de 50 % en 2050 ; diminution de la part des fossiles de 30 % et montée des renouvelables à 32 % d’ici 15 ans. « On veut une PPE cohérente avec la loi de transition énergétique. Le nucléaire est une énergie du passé, c’est l’heure des choix », s’inquiète à juste titre la fondation Nicolas Hulot. « Pour baisser la demande d’énergie, il faut agir sur le bâtiment et les transports. On peut le faire, mais dans l’état actuel, on n’est pas du tout dans les clous », déplore France Nature Environnement (FNE).

Le ministère de l’écologie justifie l’absence de calendrier d’arrêt des centrales nucléaires par son soutien aux énergies renouvelables. C’est incroyablement irresponsable et léger comme argumentation! La déconstruction des centrales et leur démantèlement sont des opérations incroyablement longues. Les enjeux d’emplois sont considérables. S’il y a besoin d’une PPE, c’est pour programmer à l’avance. On ne va pas fermer les centrales nucléaires comme on ferme une boîte de nuit. Si le nucléaire ne laisse pas la place, les énergies renouvelables ne pourront pas émerger.




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